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  • Malgré un arsenal législatif consolidé depuis quarante ans, le quotidien des personnes LGBTQIA+ en France reste marqué par des violences et des discriminations persistantes. « Les protections légales seules ne suffisent pas à assurer l’égalité réelle », souligne STOP homophobie. D’après un état des lieux récent des droits et protections, publié par le site Vie-Publique.fr, près d’une personne LGBTQIA+ sur cinq déclare avoir déjà été discriminée lors d’un entretien d’embauche.

    Dépénalisation de l’homosexualité en 1982, PACS en 1999, « mariage pour tous.tes » et adoption en 2013, interdiction des « thérapies de conversion » en 2022, ou encore accès à la PMA pour toutes les femmes en 2021 dessinent pourtant un cadre juridique en constante progression.

    Depuis 2001, la loi sanctionne les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle, étendues à l’identité de genre en 2016, tandis que des plans nationaux 2020‑2026 renforcent la reconnaissance des actes LGBTphobes et la formation des agents publics. Mais, prévient STOP homophobie, nombre de victimes restent silencieuses, freinées par la peur des représailles ou la défiance envers les institutions, ce qui nourrit un « angle mort » statistique et politique. Alors qu’une vague homophobe aux relents extrémistes se fait sentir, l’association appelle à « une vigilance constante des pouvoirs publics », à des campagnes de sensibilisation dans tous les secteurs et à un suivi effectif des plans de lutte contre les LGBTphobies, pour que les avancées juridiques se traduisent enfin en égalité vécue. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • C’est un tournant historique pour la langue française

    Le 6 janvier 2026, le Conseil d’État a rejeté le pourvoi de l’association Francophonie Avenir contre la Ville de Paris. Le litige portait sur l’usage du point médian (ex: « Président·e·s ») sur des plaques commémoratives, l’association dénonçant une atteinte à la neutralité de l’État et à l'article 2 de la Constitution.
    En confirmant l’arrêt de la cour d'appel de 2025, la plus haute juridiction administrative grave deux principes dans le marbre :

    d’une part, l'écriture inclusive « ne constitue pas l’usage d’une langue étrangère » ;

    d’autre part, son emploi pour désigner des fonctions ne saurait être assimilé à une « prise de position politique ou idéologique ».
    Cette décision balaye le récit d’un « péril mortel » pour le français, soutenu par une partie de la droite et de l'extrême droite. En droit, rendre les femmes visibles dans la langue n'est désormais ni illégal, ni anticonstitutionnel. Comme le souligne le délibéré, ces graphies s'inscrivent dans l'évolution naturelle de l'usage sans rompre avec la tradition républicaine. Si les circulaires de 2017 et 2021 limitent toujours l’usage inclusif dans les textes officiels pour des raisons de clarté, l'arrêt de 2026 consacre sa légitimité dans l'espace public. Le point médian n'est plus un intrus, mais une modalité reconnue du français moderne.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le visage de l'Amérique change, et il est de plus en plus "queer".

    Selon la dernière enquête du prestigieux institut Gallup, un record historique vient d’être franchi : 9 % des adultes américains s’identifient désormais comme membres de la communauté LGBTQ+. Une progression fulgurante quand on sait que ce chiffre ne dépassait pas 3,5 % en 2012.

    Un fossé générationnel sans précédent
    Ce n'est pas un simple frémissement, mais une véritable lame de fond portée par la jeunesse. Chez la Génération Z (nés entre 1997 et 2006), les chiffres donnent le tournis : 28,5 % d'entre eux s'identifient comme LGBTQ+. À titre de comparaison, ce taux chute à 12,4 % chez les Millennials et à moins de 2 % pour la génération des "baby-boomers". « La visibilité n’est plus une exception, elle devient la norme pour les jeunes Américains », analyse l'association Stop Homophobie, qui relaie ces données.

    La bisexualité en tête de file
    L'étude précise que l'identité la plus représentée au sein de la communauté est la bisexualité, qui concerne plus de la moitié des adultes LGBTQ+ interrogés.

    Répartition des identifications :

    Bisexuels : 57,3 %
    Gays : 18,1 %
    Lesbiennes : 15,1 %
    Transgenres : 11,8 %
    Cette évolution témoigne d'une acceptation sociale croissante, malgré un climat politique parfois tendu. Pour les experts, cette tendance devrait s'accentuer à mesure que les plus jeunes segments de la population atteignent l'âge adulte.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Dans un vote qui fera date, le Parlement européen a adopté le 12 février 2026. une résolution majeure pour la « pleine reconnaissance des femmes trans en tant que femmes ».

    Approuvé par 340 voix pour, 141 contre et 68 abstentions, ce texte fixe la position de l’Union européenne pour la 70e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW70).

    Un impératif de justice et de sécurité

    L’enjeu dépasse la simple sémantique. Les eurodéputés soulignent que cette reconnaissance est une condition sine qua non pour l’efficacité des politiques d’égalité. « L’inclusion des femmes trans est essentielle à toute politique de lutte contre les violences », précise la résolution. Le texte appelle notamment à garantir leur accès aux services de protection, tels que les centres d’hébergement pour victimes de violences conjugales.

    Des voix fortes pour l'égalité

    L'association STOP homophobie salue un « signal politique fort » dans un contexte de montée des discours transphobes. Pour les défenseurs des droits humains, ce vote valide une vision inclusive du féminisme. « Le talent se trouve partout, mais pas les opportunités. Changeons les règles du jeu. L'égalité, c'est maintenant », a rappelé Antonella Sberna, vice-présidente du Parlement.

    Portée et limites

    Bien que cette résolution soit non contraignante juridiquement pour les États membres, elle oriente la stratégie diplomatique de l’UE à l’international. Elle marque une fracture nette avec les groupes conservateurs et d’extrême droite, qui se sont opposés au texte. En inscrivant l'identité de genre au cœur de l'agenda de l'ONU, le Parlement européen rappelle que les droits des femmes ne peuvent être sélectifs.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le tribunal d’Oslo a condamné vendredi 16 janvier, Arfan Bhatti, 48 ans, à trente ans de réclusion pour complicité d’acte terroriste.

    Cet islamiste norvégien était reconnu coupable d’avoir orchestré, depuis le Pakistan, la fusillade homophobe survenue dans la capitale norvégienne en juin 2022.

    Revenons sur les faits : dans la nuit du 25 juin, à la veille de la Marche des fiertés, son complice Zaniar Matapour ouvrait le feu devant le London Pub, bar emblématique de la communauté LGBTQIA+. L’attaque avait fait deux morts et neuf blessés. Matapour, Norvégien d’origine iranienne purge, lui aussi une peine de trente ans pour meurtre et terrorisme aggravé.

    L’enquête a établi que Bhatti, figure connue de la mouvance islamiste, avait incité Matapour à agir et diffusé sur Facebook, quelques jours avant l’attentat, l’image d’un drapeau arc-en-ciel en flammes. Extradé du Pakistan en 2024, il a nié tout lien avec les faits et annoncé son intention de faire appel. Les experts psychiatriques ont diagnostiqué un trouble de la personnalité à traits psychopathiques, sans altérer sa responsabilité pénale. Ce verdict met un terme à une affaire qui a profondément marqué la Norvège. Un rapport indépendant avait conclu qu’une meilleure exploitation des signaux d’alerte aurait pu empêcher la tuerie.

    Le gouvernement a salué la décision et promis un renforcement de la sécurité lors des événements LGBT+. Les associations, elles, oscillent entre soulagement et prudence, rappelant que la lutte contre la haine homophobe et la radicalisation reste plus que jamais nécessaire. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • « Parce que le silence protège la violence », alerte Pavel Kunysz, Mr Bear Belgium 2026 et ex-coprésident de Prisme, la fédération wallonne LGBTQIA+. Les chiffres font froid dans le dos. Les agressions homophobes et transphobes explosent en Belgique avec une augmentation de +40% en trois ans selon Prisme, dopées par l’extrême droite décomplexée et les discours « anti-woke ». 
    À Liège, 22 cas en 18 mois selon les dires de la police ; l’Unia, le Centre interfédéral pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations et IEFH, (Institut pour l'égalité des femmes et des hommes, ndlr) ont comptabilisé 45 dossiers d’agressions violentes en 2024, souvent des guet-apens menés via l’application de rencontres Grindr. Seulement 14% des victimes portent plainte, ce qui revient à conclure que pour 1 connue, 6 sont invisibles. Alors « combien de morts encore pour réagir ? », interpelle Kunysz, qui en profite pour réclamer des cellules de police LGBTQIA+ formées et des soutiens renforcés aux assos.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Les associations Mousse et Stop Homophobie ont déposé, le 29 décembre 2025, une plainte pénale auprès du procureur de la République de Paris visant la Société Générale. Elles accusent la banque d’avoir collecté illégalement des données sensibles, dont l’orientation sexuelle et l’appartenance à la communauté LGBTQ+, en violation du Code pénal (art. 226‑19) et du RGPD (art. 9), a confirmé SOS Homophobie.
    Selon L’Humanité et Le Canard enchaîné, un questionnaire de recrutement utilisé pour des postes en France et à l’étranger invitait les candidats à indiquer leur genre, leur identité de genre, leur groupe ethnique, leur orientation sexuelle ou même leur engagement politique. Autant de questions « sans lien direct avec l’emploi proposé » (C. trav., art. L. 1221‑6), susceptibles d’enfreindre le droit européen à la vie privée. Un salarié lyonnais qui avait dénoncé ces pratiques a été « muté, suspendu puis licencié », toujours selon Le Canard enchaîné. Pour Me Étienne Deshoulières, avocat des associations, « en démocratie, la vie privée n’est pas négociable : cette plainte vise à rappeler que le droit pénal et le RGPD protègent toutes les personnes contre de tels abus ».
    La Société Générale se défend. Elle affirme que les questions étaient facultatives et que « les données, anonymisées, ne sont consultables ni par les recruteurs ni par les managers », invoquant sa volonté de « promouvoir la diversité et l’inclusion ». FO Société Générale, tout en saluant cet objectif, appelle à « une transparence complète » sur la finalité, l’anonymisation et la durée de conservation des informations recueillies.
    Déjà condamnée en septembre 2025 pour discrimination liée à l’origine et au sexe, la banque voit une nouvelle fois sa politique de diversité interrogée. Les associations demandent désormais l’ouverture d’une enquête pour sécuriser les preuves et prévenir toute collecte future « intrusive ».

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Plusieurs étudiants de l’école Rubika, à Anzin près de Valenciennes, ont été violemment pris pour cible ces trois dernières semaines en raison de leur orientation sexuelle, relatent notamment La Voix du Nord. 
    Douze victimes ont été recensées, certaines avec jusqu’à six jours d’ITT, après des coups de poing et jets de projectiles qualifiés de « dégueulasses et totalement gratuits » par les étudiants. Parmi eux, Ilario, 25 ans, garde encore une cicatrice sous l’œil, trace d’une agression qu’il décrit comme l’un des plus grands traumatismes de sa vie. 
    Quatre suspects ont été interpellés, dont trois mineurs, soupçonnés d’au moins douze agressions. Face à cette vague de violences, la direction de Rubika a mis en place une cellule psychologique, des temps d’écoute avec un professionnel, des navettes et des cours de self-défense, afin de sécuriser les abords de l’école et de soutenir les étudiants choqués par ces attaques homophobes.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le nombre d'Américains LGBTQ+ sollicitant l'aide d'organisations canadiennes a bondi de 760% en huit mois, selon Rainbow Railroad, une association d'aide aux personnes persécutées. L'organisme a reçu 4 197 appelsen 2024, les États-Unis devenant pour la première fois la principale source de demandes. Cette flambée est directement liée à la réélection de Donald Trump et à la montée de la rhétorique anti-LGBTQ+. « La grande majorité des personnes, qui nous contactent, recherchent de l'aide parce qu'elles ont peur de continuer à vivre aux États-Unis », explique Latoya Nugent de Rainbow Railroad. La suppression de services spécialisés, dont des lignes d'assistance pour les jeunes, et plus de 600 projets de loi visant les droits LGBTQ+ alimentent le sentiment d'isolement et de peur. M. Nugent affirme que l'organisation est là pour « écouter et aider autant que possible » ceux qui cherchent sécurité et résilience. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Bras de fer pour les LGBT japonais. La Haute Cour de Tokyo a jugé le 28 novembre que l'interdiction du mariage entre personnes de même sexe n'est pas inconstitutionnelle, une décision unique parmi les cours d'appel japonaises. La Cour estime que réserver le mariage à « un homme et une femme » reste « raisonnable » et que l'ouverture aux couples de même sexe relève d'un choix politique du Parlement, non d'une obligation constitutionnelle. Elle a rejeté la demande des huit plaignants.

    Ce jugement contraste avec les cinq autres hautes cours qui avaient reconnu une violation des droits. Il ralentit le mouvement LGBTQIA+ et maintient le Japon comme seul pays du G7 sans reconnaissance légale. Les plaignants ont saisi le mercredi 3 décembre la Cour suprême du pays, attendue pour un arrêt unifié d'ici 2026. L'issue du combat pour l'égalité des droits au Japon se jouera là.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La police a arrêté 208 personnes, dont 37 étrangers, début décembre lors d’un raid dans un spa de Kuala Lumpur soupçonné « d’activités entre personnes de même sexe », rapporte Bernama, l’agence de presse malaysienne. Faute de preuves, 171 citoyens ont été relâchés. « Nous ne voulons pas mener des raids qui n’aboutissent à aucune poursuite », a reconnu le chef de la police Fadil Marsus. Selon Jejaka, un seul individu reste détenu pour visa expiré. 
    Amnesty International Malaysia dénonce des actions « discriminatoires » amplifiant « un climat de peur » pour les minorités sexuelles. Le pays, où la sodomie et la « transgression vestimentaire » demeurent punies par la loi islamique, promet de « resserrer ses procédures ». 

    Julien Claudé-Pénégry
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