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  • « Ce recueil est un autoportrait poétique d’une fidélité absolue », écrit Amélie Nothomb en commentaire de Chimères de Samuel Uson-Mazaudier. Quelle belle surprise que ces 50 poèmes qui sont autant de nuances de vie que ce jeune auteur de 25 ans, ancien doctorant en histoire culturelle, ayant planché sur Sheila, nous offre à travers des mots élégants et fluides. Une mise en abîmes autour de thèmes universels et intimes aussi disparates que nos peurs, nos amours, nos errances, nos mémoires, la liberté, nos engagements, la mort…

    Par la force stylistique du « je » qu’il utilise, l’écrivain disparaît pour faire de chaque lecteur, le porteur de ses phrases. Émouvant et précieux, ce petit ouvrage de 126 pages est un hymne à la liberté d’être, à la multiplicité de ce que nous sommes. Un joli cadeau à faire et à se faire.

    Chimères de Samuel Uson-Mazaudier, Ed. Clin d’œil, 126 pages, 15€.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Il serait facile de résumer the Summer with Carmen à la plastique et au charme indolent de l’acteur Yorgos Tsiantoulas, que l’on peut voir sous toutes les coutures pendant plus d’une heure trente. Mais le film de Zacharias Mavroeidis a tellement d’autres atouts… A commencer par l’histoire d’amitié entre deux hommes gays aussi différents que possible, la montagne de muscles placide Demosthenes (Yorgos Tsiantoulas) et la crevette flamboyante Nikitas (Andreas Lampropoulos). Les deux compères se retrouvent régulièrement sur une plage pour travailler au projet du second, un scénario sur la vie amoureuse du premier et en particulier sur le fameux été où il s’est retrouvé à garder la chienne de son ex, Carmen.

    On prend plaisir à constater que pour une fois une histoire d’amitié gay se retrouve au centre du récit, avec des histoires d’amour qui interviennent seulement en périphérie. Un hommage à l’amitié du réalisateur et de son meilleur ami, qui cosignent le scénario du film. Les deux comédiens principaux font montre d’une belle complicité et les seconds rôles ne déméritent pas non plus, notamment Roubini Vasilakopoulou, qui incarne la mère de Demosthenes, un personnage qui aurait tout à fait sa place dans un film d’Almodovar. Avec toutes ces qualités, auxquelles on a envie d’ajouter la beauté des étés athéniens, magnifiquement filmée, on ne s’étonnera guère que le film ait reçu le grand prix au dernier Festival Chéries Chéris.

    « The Summer with Carmen », de Zacharias Mavroeidis, en salle le 19 juin.

    Xavier Héraud
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  • Les éditions First viennent de lancer une nouvelle collection baptisée Pride First. Composé de petits ouvrages au format pocket, ce nouveau rendez-vous, comme son nom le suggère, a vocation à vulgariser une somme importante d’informations ayant trait aux sujets LGBTQIA+, autant aux membres de la communauté qu’aux allié·es. Pour garantir la pertinence et l’expertise des analyses sur les différents thèmes traités, la parole est donnée aux acteur·rices, illustrateur·rices, photographes queers. Pour cette aventure voulue comme « une safe place éditoriale » deux ouvrages ouvrent la marche. 

    Le petit guide LGBTQIA+, signé de Maurice, le fondateur du média LGBTQIA+ SimiliQueer ,revient sur l’essentiel de l’histoire et de la culture LGBTQIA+, les définitions des sigles, drapeaux, orientations sexuelles et identités de genre et se conclue avec un abécédaire de plus de 30 termes queer. 

    Xavier Héraud ­— que vous lisez à chaque édition de Strobo — a quant à lui réalisé Le petit guide du coming out. Il y aborde l’origine du terme bien entendu, l’histoire du coming out, comment confier son coming out, et comment l’accueillir. Sous forme de questions réponses, il donne toutes les clés pour un coming out réussi. L’ouvrage est parsemé de focus pratiques et de témoignages pour rendre compte de l’impact de nos coming out. Pride First s’apprête à s’enrichir d’autres ouvrages (témoignages, guides pratiques, calendriers…) tout aussi passionnants que riches d'enseignements et de conseils. Un grand bravo pour cette belle initiative qui donne envie d’apprendre toujours plus sur la commu. 

    Le petit guide LGBTQIA+, de Maurice @SimiliQueer

    Le petit Guide du coming out, de Xavier Héraud, Ed. First, Collection Pride First, 160 pages, 4,50€

    Cet article a été publié dans Strobo Mag n° 32

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  • Radical ! La réalisatrice britannique Rose Glass signe un second film coup de poing avec Love lies bleeding sorti en salle le 12 juin.

    On assiste à l’histoire d’amour musclée entre deux femmes aux caractères bien trempés. Lou (Kristen Stewart) gérante d’une salle de sport et Jackie (Katy O’Brian), une culturiste, tombent follement amoureuses dans une bourgade paumée des Etats-Unis dans les années 80. Leur romance va vite vriller et se transformer en un Bonnie & Clyde au féminin. On ne peut pas décrocher un seul instant tellement le rythme imposé est soutenu. La mise en scène nous précipite dans une surenchère de séquences qui s'enchaînent comme autant de micro-histoires toutes liées les unes aux autres. Ne pouvant pas anticiper ce qui va arriver, on suppute ce que Rose Glass a bien pu imaginer d’encore plus dingue. Et l’on se laisse porter et surprendre sans arrêt. Entre des scènes de sexe torrides, des canardages en règles, des pétages de plombs hallucinants et une perversité savamment dosée, on en redemande encore et encore. A la croisée de Cronenberg, Tarantino et Wenders, ce film est une quête éperdue pour un amour sans concessions. Violent, touchant, angoissant et tendre, Love Lies Bleeding démonte avec virtuosité les clichés des femmes faibles et du patriarcat au cinéma. Mortellement hypnotique. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Dans son premier roman Possibles, publié en 2019, Valérie Baud, porte-parole de l’association Bi’Cause, abordait sous forme de récit initiatique autour de l’identité d’Aurore, bi et pansexuelle.

    Dans ce nouvel ouvrage intitulé Partir, nous suivons Afia, une jeune lesbienne sous les bombes d’Alep en 2015, qui ne rêve que de quitter sa vie pour une autre existence loin des tourments de la guerre. Éprise de liberté, l'inconnu est aussi au carrefour de ce périple personnel. Plus qu’une fuite en avant pleine d'espoir et d’envie, l’autrice interroge la notion de frontières, de liberté. Si les chemins qu’elle s’apprête à traverser remettent en cause son vécu, c’est surtout une quête de soi qui est amorcée. S’affranchir des diktats, des limites, dépasser les limites, remettre en question les normes et repenser sa vie. C’est un cri intérieur qui rugit dans la nuit pour laisser la lumière prendre le dessus. Un texte d’une captivante puissance, un rythme haletant et un élan magique qui révèle qui est véritablement Afia. Palpitant !
    Partir, de Valérie baud, Vent Solars Editions, 248 pages, 20€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La sensation du moment. Le tant attendu Becoming Karl Lagerfeld qui retrace la vie du créateur de mode vient de débouler depuis le 7 juin sur Disney+.

    Étonnante, passionnante, grisante, fascinante de bout en bout, cette histoire retrace de manière fictionnelle l’existence de celui qui, par son talent, son caractère, son imagination sans borne, s’est imposé comme la référence ultime. Un vertigineux plongeon dans le Paris des années 70 aux côtés d’icônes de la mode qui sont tour à tour alliés ou rivaux. On pénètre dans l’intimité de l’homme au catogan à travers un casting de haute voltige. Karl est interprété par Daniel Brühl, Arnaud Valois incarne Yves Saint Laurent, Alex Lutz campe Pierre Bergé quand Agnès Jaoui devient Gaby Aghion, la fondatrice de la marque de prêt-à-porter Chloé qui a fait accéder Karl Lagerfeld à la notoriété.

    Dès le premier épisode, tout l’univers est planté. Déco magistrale, mise en scène léchée, jeu des acteurs prenant, on s’infiltre dans les arcanes d’un monde fait de rivalité, de trahisons et de passions. Entre ambition, talent, pression, plaisir et fougue d’une jeunesse éprise de renouveau, Becoming Karl Lagerfeld est une petite pépite à ne manquer sous aucun pretexte.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Simon Frankart, l’illustrateur et auteur du compte Instagram « petites luxures », récidive. Après le sujet de ces précédents titres, il revient avec en premier Lieu. Ce recueil illustre 50 témoignages de femmes et d’hommes qui se sont confiés sur les lieux de leurs premiers ébats. Pour ce faire, il est allé demander à ses lecteur.trices de se prêter au jeu en relatant en quelques lignes, ce moment qui marque la naissance de nos vies sensuelles et sexuelles. Il a pris ensuite le temps et la liberté de les illustrer en couleur, ce qui est aussi une grande première pour ce graphiste au trait minimaliste, filant et précis.

    Il ressort de ce projet érotico-poétique, une légèreté chaude, une évasion des sens, l’expression de fantasmes décomplexés. Évocateurs, aguicheurs et secrets, ces dessins donnent vie à des souvenirs émus, des plaisirs insoupçonnés et des sensations sans pareil quand c’est la première fois. 
    En premier Lieu, de Simon Frankart alias Petites Luxures, Ed. Hoëbeke, 18€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le MUCEM pro-pose du 3 juillet au 9 décembre la première exposition au monde consacrée au naturis-me. Alors que l’engouement pour cet art de vivre en nudité en accord avec la nature tente de plus en plus de personnes et que la France en est la première destination touristique, le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée vous invite à explorer ce phénomène singulier et fédérateur qu’est le naturisme, ou plutôt les naturismes, car ils sont pluriels.

    Paradis Naturistes vous entraîne dans un voyage inédit réunissant 600 photographies, films, revues, objets quotidiens, peintures, dessins, livres, estampes et sculptures afin de comprendre cette pratique, son histoire, ses activités, sa philosophie, ses valeurs, ses bénéfices… Un panorama exclusif sur 500m2 pour tout savoir sur la vie tout nu. Et si l’envie vous en dit, des visites dans le plus simple appareil sont organisées par la Fédération française de naturisme les 16 juillet, 20 août et 3 septembre de 17h à 21h.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Réservez les 28, 29 & 30 juin 2024 pour filer durant trois jours à Montreuil, à la Parole Errante (Montreuil) pour célébrer les cultures lesbien•ne•x•s, bi & pan.

    Les corps lesBien•ne•x•s, ouvre ses portes à toustes sans exception (mêmes aux personnes non queers, même aux cis-hétérosexuel.les)  pour un moment de partage, d’échange, de joie, de mélange et de diversité de genres. Il y en aura pour tout le monde ; Du théâtre, des ateliers, du ciné queer, une compétition de pétanque, de la musique, une radio éphémère, des rendez-vous pour les enfants… un programme riche qui en plein cœur de la Marche des Fiertés de Paris permettra de vivre tous simplement nos identités multiples, bi, dykes, queer, lesbien•ne•x•s, non-binaires et trans dans un rassemblement qui nous ressemble.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le 22 mai, le Conseil de Paris a voté à l’unanimité un projet de création d’un musée consacré à l’art et à la culture LGBTQIA+ au cœur de la capitale. Le député Horizons Pierre-Yves Bournazel qui porte ce projet, justifie son utilité en expliquant qu’à l’instar « d’autres grandes métropoles, comme Londres, Berlin ou New York, la culture LGBTQIA+ fait partie intégrante de l’identité et de l’histoire de Paris. Elle a eu des répercussions importantes dans le domaine de la création artistique ». Bien que le lieu et la date d’ouverture ne soit pas encore définis, le futur établissement accueillera une exposition permanente, des œuvres inédites, des ateliers pédagogiques, des artistes en résidence, des conférences, des performances artistiques et même une bibliothèque dédiée. Le centriste a expliqué que « la création de ce musée reconnaîtra de façon permanente la spécificité, la singularité et la richesse de l’apport des identités LGBTQIA+ aux expressions artistiques et culturelles de Paris ». Espérons que sa réalisation ne mettra pas autant de temps que le Centre des archives LGBTQIA+ qui traîne depuis des lustres. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Il est des instants fugaces qui en disent bien plus que de longs discours. Dans le cadre du festival 1min2court dont la thématique de cette année est « le secret ».

    Fabien Le Mouel et Florian Velasco ont écrit et réalisé Rêve Party. Comme le principe du festival est de ne proposer que des courts métrages de 1 minute, le duo a construit une histoire qui se veut un hommage aux années 80 et aux films queers à une époque où l’homosexualité était encore très cachée et tabou. « C’est l’envie de parler de la découverte de soi, de l’acceptation de soi, de la difficulté à assumer ses envies et ses désirs vis-à-vis du monde qui nous entoure », expliquent-ils de concert. Cette année, parmi les 245 films en compétition, Rêve Party est dans les 40 finalistes et sera projeté lors de la cérémonie de clôture qui aura lieu au Pathé Les 7 Batignolles, le 15 juin. Lors de cette soirée 9 prix (du jury, du montage, scénario, image, interprétation féminine, interprétation masculine, du public, spectateurs, fondateurs) seront décernés. On croise les doigts pour eux ! Mais il semblerait qu’un projet d’une version plus longue du court métrage soit en gestation.

    Rêve Party est à découvrir ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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